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dB et dBm : comprendre correctement la puissance des signaux radio

16 août
6 min de lecture

Lorsqu’on commence à s’intéresser aux ondes radio, aux antennes, au Wi-Fi, aux télécommunications ou aux radiofréquences (RF), deux unités apparaissent rapidement : le dB et le dBm.


Elles se ressemblent tellement qu’il est facile de les confondre.

Pourtant, elles ne représentent pas la même chose.


La distinction fondamentale peut se résumer ainsi :


dB = comparaison entre deux niveaux

dBm = niveau de puissance réel, référencé à 1 milliwatt


Comprendre cette différence permet ensuite de mieux interpréter le gain d’une antenne, les pertes d’un câble, la puissance d’un émetteur ou le niveau d’un signal reçu.


Le décibel : une unité relative


Le décibel (dB) exprime un rapport entre deux valeurs.


Lorsqu’on compare deux puissances, on utilise :

dB = 10 × log₁₀(P₂ / P₁)

Le résultat nous indique combien la puissance a augmenté ou diminué relativement à une autre puissance.


Par exemple, si une puissance devient 10 fois plus grande :

10 × log₁₀(10) = +10 dB

Une augmentation de +10 dB correspond donc à une multiplication de la puissance par 10.


Si la puissance devient 100 fois plus importante :

+20 dB = ×100

Et si elle devient 1 000 fois plus importante :

+30 dB = ×1 000

Le même principe fonctionne dans l’autre direction.

−10 dB = puissance divisée par 10

−20 dB = puissance divisée par 100

−30 dB = puissance divisée par 1 000


Le dB ne nous dit donc pas nécessairement combien de watts nous possédons. Il nous indique avant tout la différence entre deux niveaux.


Pourquoi utiliser une échelle logarithmique ?


On pourrait évidemment travailler uniquement avec des watts.

Mais en radiofréquence, les puissances rencontrées peuvent varier énormément.

On peut passer d’un émetteur produisant plusieurs watts à un signal reçu extrêmement faible, parfois de l’ordre du nanowatt, du picowatt ou moins.

L’échelle logarithmique permet de représenter ces énormes différences avec des nombres beaucoup plus faciles à manipuler.


Au lieu de multiplier et diviser constamment de grandes valeurs, on peut également additionner et soustraire des décibels.


Cette propriété devient particulièrement pratique lorsqu’on analyse une chaîne de transmission.


Un exemple avec une liaison radio


Imaginons qu’un signal traverse plusieurs éléments.


Un amplificateur apporte :

+20 dB

Un câble provoque ensuite :

−3 dB

Un autre élément introduit :

−2 dB

Le bilan est simplement :

+20 − 3 − 2 = +15 dB


Le signal possède donc un gain global de 15 dB relativement à son niveau de départ.

C’est notamment pour cette raison que les dB sont omniprésents dans les calculs de budget de liaison (link budget).


Le dBm : cette fois, nous parlons d’un niveau de puissance


Le dBm fonctionne différemment.


Il utilise toujours une échelle logarithmique, mais possède une référence fixe :

1 milliwatt.


La formule est :

dBm = 10 × log₁₀(P / 1 mW)


Le point de référence est donc :

0 dBm = 1 mW


À partir de là, les correspondances deviennent très faciles à comprendre :

0 dBm = 1 mW

+10 dBm = 10 mW

+20 dBm = 100 mW

+30 dBm = 1 W

Et dans l’autre direction :

−10 dBm = 0,1 mW = 100 µW

−20 dBm = 0,01 mW = 10 µW

−30 dBm = 0,001 mW = 1 µW


Le dBm nous donne donc un niveau de puissance absolu relativement à une référence définie, contrairement au dB qui exprime généralement un rapport.


L'astuce du +10 dB

Il existe une règle extrêmement pratique.

Chaque fois qu’on ajoute 10 dB à un niveau de puissance, la puissance est multipliée par 10.


Ainsi :


0 dBm → 1 mW

10 dBm → 10 mW

20 dBm → 100 mW

30 dBm → 1 000 mW = 1 W

40 dBm → 10 W

50 dBm → 100 W


Et inversement, retirer 10 dB revient à diviser la puissance par 10.


Et que représente +3 dB ?


Une autre règle pratique consiste à retenir qu’une variation d’environ +3 dB correspond à un doublement de puissance.


Par exemple :


0 dBm ≈ 1 mW

3 dBm ≈ 2 mW

10 dBm = 10 mW

13 dBm ≈ 20 mW


Inversement, une diminution d’environ 3 dB correspond approximativement à une division de la puissance par deux.

Cette règle est très utile pour effectuer rapidement des estimations.


dB et dBm peuvent travailler ensemble


C’est ici que les deux unités deviennent particulièrement intéressantes.


Supposons qu’un émetteur fournisse :

20 dBm

Cela correspond à :

100 mW

Le signal traverse ensuite un câble provoquant une perte de :

−3 dB

Le niveau devient approximativement :

20 dBm − 3 dB = 17 dBm


Nous avons donc utilisé un niveau absolu en dBm auquel nous avons appliqué une variation en dB.


C’est exactement le genre de calcul utilisé quotidiennement en radiofréquence.


Prenons l’exemple d’un système radio complet


Imaginons :

Puissance de l’émetteur : +20 dBm

Gain d’antenne : +6 dB

Pertes dans le câble : −2 dB


Dans une représentation volontairement simplifiée du niveau à la sortie de la chaîne :

20 + 6 − 2 = 24 dBm


On voit immédiatement pourquoi l’utilisation des logarithmes est pratique.

Les gains et les pertes deviennent des additions et des soustractions.


Dans un véritable budget de liaison radio, on pourra ensuite intégrer la propagation, les antennes, les pertes supplémentaires et le niveau reçu.


Attention au gain d’une antenne


Une précision importante est nécessaire.


On parle souvent du « gain en dB » d’une antenne, mais en pratique les spécifications utilisent fréquemment des unités comme dBi ou dBd.


Le dBi compare notamment le gain de l’antenne à une antenne isotrope idéale.

Il ne faut donc pas interpréter un gain d’antenne comme si l’antenne créait de l’énergie.

Une antenne passive ne fabrique pas de watts supplémentaires. Elle modifie principalement la manière dont l’énergie électromagnétique est distribuée dans l’espace.


C’est une distinction fondamentale lorsqu’on cherche à comprendre la puissance RF.


Le niveau reçu peut être négatif en dBm


Autre détail qui surprend souvent les débutants : une puissance exprimée en dBm peut être négative.

Par exemple :

−30 dBm = 1 µW


Mais cela ne signifie évidemment pas que nous possédons une « puissance négative ».


Cela signifie simplement que la puissance mesurée est inférieure à la référence de 1 mW.


Ainsi, des valeurs comme :


−50 dBm

−70 dBm

−90 dBm


représentent toutes des puissances positives extrêmement faibles.


Plus la valeur devient négative, plus le niveau de puissance est faible.


dBm et fréquence sont deux choses différentes


Il faut également éviter une autre confusion fréquente.

Une fréquence en Hz et une puissance en dBm ne décrivent pas la même propriété d’un signal.


La fréquence répond à la question :

« À quelle fréquence le signal oscille-t-il ? »

La puissance répond plutôt à :

« Quel niveau de puissance ce signal représente-t-il ? »


On peut donc avoir, par exemple, un signal à 2,4 GHz avec un certain niveau en dBm.

Les GHz décrivent sa fréquence.


Les dBm décrivent son niveau de puissance.


Deux signaux peuvent avoir exactement la même fréquence tout en possédant des puissances très différentes.


Le moyen le plus simple de retenir la différence


Si vous ne devez retenir que deux lignes de cet article, retenez celles-ci :


dB = combien avons-nous gagné ou perdu ?

dBm = quel est notre niveau de puissance par rapport à 1 mW ?


Le dB compare.


Le dBm quantifie un niveau de puissance référencé.


Cette distinction apparemment simple devient fondamentale lorsqu’on commence à travailler avec des systèmes RF.


Pourquoi cette distinction est essentielle en télécommunications


Que l’on travaille en RF, réseaux mobiles, RAN, micro-ondes, Wi-Fi, antennes, mesures de laboratoire ou budgets de liaison, on rencontre constamment ces unités.


Une erreur entre dB et dBm peut complètement fausser l’interprétation d’une mesure.


Le dB permet de décrire les gains et les pertes.


Le dBm permet de situer les niveaux de puissance.


En les combinant, on peut suivre un signal tout au long d’une chaîne radio :

puissance de départ en dBm → gains en dB → pertes en dB → puissance finale en dBm.


Une fois cette logique comprise, beaucoup de calculs RF qui semblaient complexes deviennent beaucoup plus intuitifs.


La prochaine fois que vous voyez « dB » ou « dBm » sur un analyseur de spectre, un amplificateur, une fiche technique ou un calcul de liaison, posez-vous simplement cette question :


Est-ce que je regarde une différence entre deux niveaux, ou un niveau de puissance référencé à 1 milliwatt ?


La réponse vous dira immédiatement si vous êtes devant des dB ou des dBm.

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