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Le champ électromagnétique humain après la mort : persistance des ondes, information et nouvelles frontières de recherche

22 août
9 min de lecture

Que devient l’activité électromagnétique d’un être humain lorsqu’il meurt ?


La question semble d’abord appartenir à la philosophie ou à la spiritualité. Pourtant, une partie du problème peut être formulée directement avec les équations de la physique : lorsqu’une source électromagnétique cesse d’émettre, qu’advient-il de l’énergie qu’elle avait déjà rayonnée dans l’espace ?


La réponse est particulièrement intéressante.


Une onde électromagnétique qui a déjà quitté sa source ne disparaît pas instantanément lorsque cette source s’arrête. Dans les conditions prévues par les équations de Maxwell, le rayonnement déjà émis poursuit sa propagation. Dans le vide, il se déplace à la vitesse de la lumière.


Richard Feynman l'expliquait dans son étude des solutions des équations de Maxwell : même après l'arrêt complet de l'activité d'une source, une distribution de champs électrique et magnétique précédemment créée peut continuer à se propager dans l'espace.


Cette propriété fondamentale ouvre une question beaucoup plus ambitieuse, qui pourrait devenir un axe de recherche expérimental : une partie de la structure fréquentielle produite par l'activité électromagnétique d'un organisme peut-elle être caractérisée après avoir quitté sa source, et jusqu'à quel point cette information demeure-t-elle physiquement récupérable ?


Il faut cependant distinguer ce que la physique démontre déjà de ce qui demeure une hypothèse.


L'être humain produit réellement des champs électromagnétiques


Un être humain vivant possède une activité électrique permanente.


Le fonctionnement des neurones dépend de gradients ioniques et de variations du potentiel électrique des membranes.


Le cœur possède un système de conduction électrique extrêmement organisé.


Les muscles sont activés électriquement.


Ces phénomènes peuvent être enregistrés avec l'EEG, l'ECG et l'EMG.


Les courants électriques biologiques produisent également de très faibles champs magnétiques. La magnétoencéphalographie permet par exemple de mesurer les champs associés à l'activité neuronale.


Le corpus scientifique de l'ICRSMCA considère justement le vivant comme un système dans lequel les phénomènes électriques, magnétiques, chimiques et mécaniques interagissent, et consacre des travaux à la mesure et à la modélisation des champs cérébraux et cardiaques.L'être humain émet également du rayonnement électromagnétique sous d'autres formes, notamment le rayonnement infrarouge thermique.


Il existe donc bien, autour d'un organisme vivant, différents phénomènes électromagnétiques mesurables.


Que se passe-t-il au moment de la mort ?


Après l'arrêt de la circulation et l'interruption de l'apport d'oxygène, l'activité électrique organisée du cerveau et du cœur disparaît progressivement.


Les recherches électrophysiologiques montrent que l'activité cérébrale mesurable diminue rapidement après l'arrêt circulatoire. Des études ont observé, dans certaines circonstances, une activité électrocérébrale transitoire pendant les minutes entourant l'arrêt de la circulation, mais elles ne démontrent pas la persistance indéfinie d'une activité cérébrale organisée après la mort.


Il faut donc faire une distinction essentielle entre :


la source biologique du champ

et

le rayonnement qui a déjà quitté cette source.


La source biologique dépend du métabolisme, des gradients ioniques, des membranes cellulaires et de l'organisation physiologique.


Lorsque cette organisation s'effondre, les champs qu'elle produisait ne continuent pas nécessairement d'être générés de la même façon.


Mais une onde électromagnétique déjà rayonnée appartient à une autre situation physique.


Une onde partie dans l'espace n'a plus besoin de sa source


Prenons une antenne radio.


Elle émet pendant une seconde.


Puis nous coupons complètement son alimentation.


L'antenne ne produit plus de nouveau signal.


Pourtant, les ondes qu'elle a émises pendant cette seconde ne disparaissent pas simultanément partout dans l'Univers.


Elles continuent leur voyage.


Dans le vide :

distance = vitesse de la lumière × temps


La lumière parcourt environ :

300 000 kilomètres en une seconde.


Ainsi, une seconde après son émission, un rayonnement peut déjà se trouver à près de 300 000 kilomètres de sa source.


Dix secondes plus tard :

environ 3 millions de kilomètres.


Une minute plus tard :

environ 18 millions de kilomètres.


Les équations de Maxwell admettent précisément des ondes électromagnétiques se propageant dans des régions ne contenant plus la source qui les a produites.

C'est une propriété fondamentale de l'électromagnétisme.


Cela signifie-t-il que « notre champ » reste autour de nous ?


La formulation physiquement défendable est donc plus subtile :


une partie de l'énergie électromagnétique qui a été rayonnée avant l'arrêt de sa source peut continuer d'exister et de se propager après que cette source a cessé de fonctionner.


La question encore ouverte serait de savoir quelle information identifiable sur la source demeure réellement contenue dans ce rayonnement et pendant combien de temps elle pourrait être récupérée en pratique.


Et c'est ici que Fourier devient extrêmement intéressant


Un champ électromagnétique biologique est complexe.


Il ne possède pas nécessairement une seule fréquence.


Nous pouvons enregistrer un signal composé d'un grand nombre d'oscillations simultanées.


Pour comprendre sa structure, les scientifiques utilisent notamment l'un des outils mathématiques les plus puissants de la physique :


la transformée de Fourier.


Fourier permet de représenter un signal complexe comme la combinaison de différentes composantes fréquentielles.


Imaginons un signal :

S(t)


Il peut être représenté, dans certaines conditions, comme une combinaison de composantes de fréquences différentes possédant chacune :


une fréquence,

une amplitude

et une phase.


Autrement dit, derrière une forme d'onde extrêmement complexe peut exister une véritable signature spectrale.


Une forme peut donc être encodée dans les fréquences et les phases


Voici une expérience conceptuelle fascinante.


Prenons une forme d'onde complexe.


Nous effectuons sa transformée de Fourier.


Nous obtenons un ensemble de composantes :

f₁, f₂, f₃, f₄…


avec différentes amplitudes et phases.


Si nous possédons suffisamment d'informations, nous pouvons effectuer l'opération inverse :


transformée de Fourier inverse.


Et reconstruire la forme du signal.


C'est un principe utilisé quotidiennement dans :


l'imagerie,

les télécommunications,

l'IRM,

l'acoustique,

la spectroscopie,

le traitement numérique du signal.


Mais il faut apporter une nuance importante : la transformée de Fourier démontre comment décrire ou reconstruire mathématiquement un signal; elle ne démontre pas que l'identité, la mémoire ou la conscience d'une personne reste enfermée dans ce signal après la mort.


Cette deuxième proposition devrait être démontrée expérimentalement.


Une hypothèse de recherche : existe-t-il une « signature » électromagnétique individuelle ?


Nous pouvons maintenant formuler une question scientifique beaucoup plus précise.

Supposons que nous réalisions avant la mort un ensemble de mesures :


EEG + MEG + ECG + MCG + spectroscopie + émissions photoniques + autres mesures électromagnétiques.


Nous construisons ensuite une représentation fréquentielle extrêmement détaillée de ces signaux.


Une question pourrait être :


certaines structures spectrales sont-elles suffisamment stables et individuelles pour constituer une signature caractéristique d'un organisme ?


Puis une deuxième :


des traces de certaines de ces structures peuvent-elles être mesurées dans le rayonnement ayant quitté l'organisme ?


Et finalement :


peut-on détecter une partie de cette information après l'arrêt de la source biologique ?


Voilà des questions qui peuvent être soumises à l'expérience.


Un signal du passé peut littéralement arriver dans le présent


Cette idée possède une conséquence extraordinaire.


Lorsque nous observons le Soleil, nous ne le voyons pas exactement tel qu'il est à cet instant.


Sa lumière met environ huit minutes à atteindre la Terre.


Nous observons donc toujours le Soleil avec environ huit minutes de retard.


Si, hypothétiquement, le Soleil cessait instantanément d'émettre, la lumière déjà partie continuerait pendant plusieurs minutes à parvenir jusqu'à nous.


Le même principe général s'applique à tout rayonnement électromagnétique.


La disparition de la source n'entraîne pas la disparition instantanée de ce qu'elle a déjà émis.


Une onde peut-elle influencer un autre champ ?


Oui, des champs électromagnétiques peuvent se superposer.


C'est le principe de superposition.


Deux ondes présentes au même endroit peuvent produire une résultante déterminée par leurs amplitudes et leurs phases.


Lorsque leurs phases sont favorables, elles peuvent produire une interférence constructive.


Lorsqu'elles sont opposées, une interférence destructive est possible.


Il n'est cependant pas nécessaire que les deux champs soient exactement de « même force » pour interagir mathématiquement.


Une onde faible et une onde forte se superposent également.


Ce qui change est l'importance relative de leur contribution au champ total.


On peut schématiquement écrire :

Etotal = E₁ + E₂


et :

Btotal = B₁ + B₂


La phase, la fréquence, la polarisation, la géométrie et l'amplitude deviennent alors déterminantes.


La synchronisation pourrait-elle faciliter une interaction ?


Dans certains systèmes physiques, oui.


Lorsque deux systèmes oscillatoires possèdent des fréquences compatibles, des phénomènes de résonance ou de synchronisation peuvent apparaître s'il existe un véritable mécanisme de couplage entre eux.


Mais posséder simplement la même fréquence ne suffit pas.


Il faut également qu'une quantité mesurable d'énergie ou d'information puisse passer d'un système à l'autre.


La question scientifique devient donc :


un rayonnement électromagnétique extrêmement faible d'origine biologique peut-il produire un effet mesurable sur un autre système biologique ou électronique dans des conditions particulières de fréquence, de phase et de sensibilité instrumentale ?


Cette question peut être testée.


Et les phénomènes rapportés autour d'un Ouija ?


Certaines personnes rapportent, pendant des séances de Ouija ou dans d'autres situations associées à une personne décédée, des phénomènes tels que :


une lumière qui clignote,

un appareil qui s'active,

une variation électrique,

une perturbation momentanée d'un équipement électronique.


Une observation inhabituelle peut devenir scientifiquement intéressante si elle est mesurée correctement.


Au lieu de demander :

« Est-ce un esprit qui a fait clignoter la lumière ? »


une expérience scientifique demanderait :

« Une variation électromagnétique anormale et reproductible apparaît-elle au même moment ? »


Puis :


quelle fréquence ?

quelle amplitude ?

quelle direction ?

quel spectre ?

quelle phase ?

quelle probabilité que l'événement soit aléatoire ?

peut-on reproduire le phénomène en aveugle ?


À partir de là, nous passons d'un témoignage à une expérience.


Un protocole expérimental pourrait être imaginé


L'ICRSMCA pourrait théoriquement étudier cette hypothèse avec une chambre contrôlée contenant plusieurs instruments simultanément :


magnétomètres sensibles ;

antennes large bande ;

analyseurs de spectre ;

capteurs électriques ;

photomultiplicateurs ;

caméras infrarouges ;

capteurs environnementaux ;

mesure du réseau électrique ;

enregistrement audio et vidéo synchronisé.


Chaque phénomène apparent pourrait alors être horodaté avec précision.


Les données pourraient ensuite être analysées dans le domaine temporel et fréquentiel.


Fourier permettrait de rechercher d'éventuelles signatures périodiques.


Des analyses de cohérence pourraient déterminer si deux capteurs enregistrent simultanément une structure commune.


Des expériences témoins permettraient de mesurer le taux normal de phénomènes similaires lorsqu'aucune tentative d'interaction n'est réalisée.


C'est ainsi qu'une hypothèse inhabituelle devient une hypothèse falsifiable.


Le post-mortem lui-même contient encore des phénomènes physiques


Il existe également une autre difficulté : un corps mort ne devient pas instantanément un objet électriquement et chimiquement inerte.


Les cellules ne cessent pas toutes leurs activités simultanément.


Certaines propriétés électriques et diélectriques des tissus continuent d'évoluer après la mort. Des recherches montrent d'ailleurs que les propriétés biophysiques des tissus cérébraux changent entre l'état vivant et l'état post-mortem.


Certains tissus cérébraux prélevés après la mort peuvent également conserver temporairement des propriétés électrophysiologiques cellulaires dans des conditions expérimentales particulières.


Cela signifie que toute étude du champ post-mortem doit impérativement distinguer :


l'activité résiduelle des tissus,

les phénomènes chimiques de décomposition,

le rayonnement thermique,

les interférences environnementales

et une éventuelle composante électromagnétique précédemment rayonnée.


Sans ces contrôles, les phénomènes seraient impossibles à interpréter correctement.


Dans un modèle idéal de propagation dans le vide, l'information contenue dans une onde peut continuer sa propagation après la disparition de la source.


Dans le monde réel, cependant, les ondes rencontrent de la matière.


Elles peuvent subir :


absorption,

dispersion,

diffusion,

réflexion,

interférences

et atténuation.


Le corpus de recherche de l'Institut identifie d'ailleurs explicitement la propagation, l'atténuation, l'analyse fréquentielle et la modélisation électromagnétique parmi ses thèmes d'étude.


La véritable question n'est donc probablement pas :


« Le champ reste-t-il éternellement intact autour de la personne ? »


mais plutôt :

« Quelle fraction de l'information initialement contenue dans un champ rayonné demeure physiquement récupérable après propagation ? »


Cette formulation est scientifiquement beaucoup plus puissante.


Peut-on imaginer une sorte d'empreinte électromagnétique ?


C'est ici que pourrait naître une nouvelle hypothèse de recherche de l'ICRSMCA :

l'hypothèse d'une empreinte électromagnétique biologique.

Elle pourrait être formulée ainsi :


L'activité bioélectrique d'un organisme produit des structures électromagnétiques complexes. Une fraction rayonnée de ces structures peut continuer à se propager après l'arrêt de la source. Il reste à déterminer expérimentalement si cette composante rayonnée contient une signature individuelle suffisamment structurée pour être distinguée du bruit et éventuellement détectée ultérieurement.

Cette proposition ne prétend pas que la conscience après la mort a été démontrée.


Elle définit un problème expérimental.


Et cette différence est fondamentale.


Si une interaction était démontrée, les conséquences seraient considérables


Supposons maintenant, uniquement à titre d'hypothèse, qu'une expérience extrêmement contrôlée démontre un jour qu'un signal post-mortem présentant une signature préalablement enregistrée peut provoquer une interaction reproductible avec un détecteur.


Il faudrait ensuite répondre à une série de questions extraordinaires :


Le signal contient-il seulement une empreinte passive ?

Contient-il de l'information structurée ?

Cette information évolue-t-elle ?

Peut-elle être modulée ?

Répond-elle à une stimulation ?

Peut-elle produire une interaction bidirectionnelle ?


À chaque étape, le niveau de preuve nécessaire augmenterait.


Ce n'est qu'après avoir répondu expérimentalement à ces questions qu'on pourrait commencer à discuter sérieusement d'une éventuelle persistance fonctionnelle au-delà de la source biologique.


Une nouvelle frontière pour l'ICRSMCA


Le bioélectromagnétisme occupe déjà une place importante dans les travaux scientifiques de l'Institut, notamment à travers l'étude des champs biologiques, de l'analyse fréquentielle, de la spectroscopie et de l'instrumentation.


L'étude de la persistance de l'information électromagnétique après l'arrêt de sa source biologique pourrait constituer une extension exploratoire de ce programme.


Elle pourrait réunir :


électromagnétisme,

équations de Maxwell,

transformée de Fourier,

traitement du signal,

magnétométrie,

spectroscopie,

biophotonique,

neurosciences

et recherche sur le processus de la mort.


L'objectif ne serait pas de déclarer à l'avance que les personnes décédées demeurent présentes sous forme de champs électromagnétiques conscients.


L'objectif serait beaucoup plus scientifique et, finalement, beaucoup plus intéressant :


chercher à savoir exactement ce qui persiste, ce qui se propage, quelle information est conservée et si une interaction mesurable reste possible.


La physique nous donne déjà une première réponse


Une chose est établie :


une onde électromagnétique déjà émise ne doit pas disparaître simplement parce que la source qui l'a produite cesse ensuite d'émettre.


Dans un milieu approprié, elle continue à se propager selon les équations de Maxwell.


Ce phénomène est parfaitement compatible avec la physique classique.


Nous savons que le rayonnement peut survivre à l'arrêt de sa source.


Nous savons que les signaux complexes possèdent des structures fréquentielles analysables par Fourier.


Nous savons que plusieurs champs électromagnétiques peuvent se superposer et interférer.


Nous savons que le corps humain génère des phénomènes électromagnétiques mesurables.


La question devient alors :


jusqu'à quel point l'information produite par un organisme peut-elle survivre dans les champs qu'il a émis ?


Et surtout :

peut-on construire une expérience suffisamment sensible pour le vérifier ?


C'est cette frontière entre ce que la physique établit déjà et ce qu'elle permet maintenant de tester qui pourrait ouvrir à l'Institut un nouveau champ de recherche sur la persistance, la propagation et l'information des phénomènes électromagnétiques humains.

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